Le fonctionnement sous forme de plateforme de services des établissements Adelaide Perrin

Adélaïde Perrin, un fonctionnement pour accompagner jusqu’au bout de la vie

En 2005, avec la loi pour l’égalité des droits et des chances, les établissements Adélaïde Perrin, alors Centre Adélaïde Perrin, formalisent enfin leur fonctionnement sous forme de plateforme de service. Ce projet aboutit en 2014. On en parle beaucoup. Mais que se cache-t-il derrière cette terminologie tendance ?
La plateforme de services offre une adaptabilité et une optimisation des moyens pour le bénéfice commun de l’usager et de la structure. Ce type de fonctionnement n’est donc pas qu’une évolution organisationnelle, c’est avant tout placer le résident au centre de notre pensée et du projet institutionnel.

L’accompagnement de nos patients depuis la fondation des établissements

Un modèle dans lequel l’Association Adélaïde Perrin s’est vite retrouvée car proche de sa philosophie et des valeurs défendues par sa créatrice.
Henri Lamotte Directeur des services accompagnement

En effet, depuis sa création en 1819 le centre Adélaïde Perrin accueille des femmes en situation de handicap mental et psychique. A leur arrivée, ces femmes vivaient chez elles, souvent pour toujours. Les résidentes n’étaient catégorisées ni par leur âge, ni par leur statut professionnel. Elles vivaient ensemble, prenant soin les unes des autres. Les conditions d’accueil ont fort heureusement beaucoup évolué mais cette idée d’être chez soi, pour la vie si on le souhaite, est restée. D’ailleurs l’établissement d’Ainay est toujours appelé « la maison » par les résidents et les salariés !

La Loi de 1975 entraîne la catégorisation du type d’habitat en fonction du statut de l’usager, foyer de vie pour les non travailleurs, foyer d’hébergement pour les travailleurs… À chaque type de foyer son personnel adapté, son prix de journée et son fonctionnement. Chez Adelaïde Perrin par choix on contourne la règle pour les besoins de l’institution. S’il y a différents types de foyers au sein de la structure (Foyer de vie, FAM..), on s’adapte au bénéficiaire en lui offrant la possibilité de rester chez lui « quoi qu’il en soit ». Cela demande à la direction de faire un effort de formation des salariés et cela fonctionne ! Le Centre a continué à faire ce qu’il faisait de mieux : éviter les ruptures dans l’accompagnement.

La démarche actuelle d’accompagnement

C’est l'établissement qui doit tendre à coïncider aux besoins liés à l'évolution du projet de vie des bénéficiaires, et non le contraire
Florent Leroyer Directeur des établissements

La loi du 11 février 2005 sur le handicap est promulguée, permettent encore d’affiner le projet global d’Adélaïde Perrin. Cela aboutira en 2014 à un agrément avec un budget unique, permettant aux bénéficiaires de faire face à l’aléatoire de la vie en pensant dorénavant à leur parcours global. Ils peuvent glisser d’un foyer à un autre, d’une forme d’accueil à l’autre, changer d’avis et se confronter à leur(s) limite(s) sans perdre leur place au sein de la structure. La « maison » restera leur maison s’ils le souhaitent, jusqu’au bout.

Un long chemin législatif pour permettre l’adaptation des structures aux besoins et aux attentes des patients

La loi 2002-2 garantissait et affirmait déjà le droit des usagers : « Rien pour nous sans nous [1]». La loi de 2005, pour l’égalité des droits et des chances, a confirmé ce changement radical de paradigme où l’individu prend le pas sur l’institution. L’Association Adelaïde Perrin profite alors de cette avancée pour formaliser une pratique déjà au centre de sa culture d’établissement : l’accompagnement jusqu’au bout de la vie.


[1] Slogan de l’association d’usagers Nous aussi créée en 2002 Nous Aussi (nous-aussi.fr)